Cloître de l'abbaye de Saint-Hilaire
Le
cloître
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En 1961, le préau est divisé en deux par un mur de clôture marquant la limite d'une division successorale de la fin du XIXe siècle.

Il ne sera réunifié qu'en 1967, avec l'acquisition en 1966 de l'hôstellerie située au rez-de-chaussée du bâtiment claustral ouest. Les trois arcades du bâtiment claustral est sont partiellement murées.
Depuis
la chapelle du XIIIe siècle,
deux portes, l'une romane, l'autre gothique vous permettent d'accéder
au préau. Fouillé par Vincent Jacob de 1994 à 1996, et restauré sous la
conduite de
Monsieur Didier Repellin, Architecte en Chef des Monuments Historiques,
en deux campagnes : 1996 : restauration des façades
et la
galerie ouest - 1997 - restauration des sols et de la galerie
est.
La faible surface de l'aire trapézoïdale du préau : environ 12.50 m de long pour une largeur de 6 à 8 m, traduit une adaptation à la topographie du terrain et son fort pendage vers le sud, après des phases de construction et de destruction de bâtiments périphériques.
Le préau herbarium (terrarium tout l'été !) permet d'accéder aux portes communiquant au nord avec la cage d'escalier desservant les cellules situées à l'étage, la cour du chevet (infos), à l'est avec la cuisine et le réfectoire (infos), au sud avec le chauffoir (infos), la salle capitulaire (infos), et à l'ouest avec l'hôstellerie.
A ce jour, le cloître ne comporte que deux galeries opposées sur les petits cotés du trapèze, en emprise sous le carré claustral, l'une à l'est l'autre à l'ouest, elles sont éclairées par cinq arcades de plein cintre, dont trois à l'ouest.
Au cours des travaux de restauration effectués en 1984, des cintres ont été placés sous les arcades de la galerie est. Ces cintres au cuvelage de chevrons cloués sur les veaux, étaient composés chacun de deux épaisseurs de bois dont l'entrait et les deux arbalétriers étaient maintenus par trois rangs de moises boulonnées :
Au XIIIe siècle, du fait du faible coût de ce mode de construction, il était encore fréquent que les galeries soient couvertes par une toiture en appentis portée par une charpente en bois, elle-même portée par un alignement de poteaux en bois.
Sur la façade nord du bâtiment conventuel situé au midi, on note la présence de quatre sommiers d'arcs doubleaux d'une galerie dont la construction n'a pas été menée à terme comme l'atteste l'absence de toute trace de fondation.
Les piliers trapus, de forte section rectangulaire, dont la base repose sur le sol, apparentent ce cloître à l'impluvium romain dans la mesure où il est possible de passer des galeries dans le préau entre chaque pilier, alors que dans le cloître chrétien, un socle ou un bahut, limitent à quelques passages l'accès au préau.
La voûte de la galerie à l'est est en pierre établie en berceau brisé, formant des berceaux et divisée en quatre travées par des arcs-doubleaux composés d'un rang de claveaux, correspondant aux piliers des arcades.
La galerie ouest est couverte d'un plafond formé de solives posées en travers de la galerie.
Fontaine d'ablution (Cantharus)
Les fouilles n'ont pas permis de localiser le cantharus utilisé pour procéder aux ablutions prescrites selon une ancienne coutume héritée du judaïsme avant de rentrer dans l'église, puis pour revivre le geste du Christ au Jeudi Saint en se lavant mutuellement les pieds.
La galerie où ce déroulait cette cérémonie qui entretenait l'exprit de service charitable fut dénommée galerie du mandatum, premier mot du chant l'accompagnant : mandatum novum do vobis....
Les fontaines ou bassins furent déplacés sous le porche, et plus tard dans l'église, où ils furent remplacés par les bénitiers.
Epitaphes lapidaires
De chaque côté de la porte romane d'accès à la chapelle, des épitaphes gravés à hauteur de regard à la surface de l'appareillage de pierres :
†.FR.BERTRAND.AMPLA
G[UB]...NAT SACERDOS.BEN
IG[...]HIC RESQUIESCIT ANI
MA MEI GUBERNET CHRISTO
MUNDUM REGIB
OBI[I]T XIII...OC[TOBRIS]A.D. MCCLIIII
Traduction mot à mot :
† Frère Bertrand ample
gouvernant Prêtre bien-
veillant. Ci gît. Mon âme
conduit le Christ dirige le monde.
Mort le 13 octobre 1254.
Traduction interprétante :
† Frère Bertrand prêtre bienheureux
repose ici. Le Christ qui régit le monde
entier gouverne son âme. Il décéda le
13 des calendes de décembre l'an du Seigneur 1254
Le champ épigraphique (32 cm x 16 cm) a été préalablement réglé par incision légère. L'ensemble offre un aspect soigné, régulier et dense, bien que le IIII soit hors du champ. Les lettres peu espacées sont de module assez petit, avec une hauteur moyenne d'environ 2 cm. La gravure est peu profonde et leurs formes présentent la variété accoutumée dans l'épigraphie médiévale, par exemple pour les A et les C.

† DOMINA BEATRIS UX
OR DOMINI E BERMUT
DUS HIC REQUIESC
IT ET ORATE PR
O ANIMA EIUS TU QUIS ES STA RESPICE
PLORA SUM QUOD ERIS
Traduction interprétante :
† Dame Béatrice, épouse du Seigneur
E. BERMUTDUD, repose ici et prie
pour son âme. Toi qui es-tu ?
Arrête toi, regarde, pleure.
Je suis ce que tu seras.
† ANO MCCLXXI
A l'attention des visiteurs pour qui la lecture des différentes dates en chiffres romains serait un lointain souvenir, cliquer - ICI -
L'occupation funéraire à Saint-Hilaire
Dans le cloître, plusieurs sépultures anonymes ont été mises à jour, elles se caractérisent par l'absence de pierre tombale, d'épitaphe et de mobilier funéraire déposé près du défunt.
Ces inconnus, pourtant n'en sont pas tout à fait, leur présence même dans l'enceinte du couvent induit leur identité religieuse ou, pour quelques-uns, leur lien avec la communauté monastique. C'était une coutume d'inhumer dans les galeries des cloîtres ceux qui confiaient leur dépouille funèbre à la prière des religieux.
Les ossements retrouvés lors des travaux entre 1961 et 1996 ont été inhumés dans un caveau creusé en 1996 dans l'emprise de la chapelle (infos).
Cette fouille n'a révélée aucune niche dans les murs (enfeu).
Ordinairement les frères étaient inhumés dans la cour du chevet (infos) qui n'a à ce jour fait l'objet d'aucune fouille.
Des premiers cloîtres à Saint-Hilaire
En Orient, le cloître des monastère est l'enceinte qui enveloppe l'area ou surface libre dont l'église est environnée de toute part, comme le temenos enveloppait le temple païen.
Dans l'enceinte de ce cloître les différentes constructions étaient regroupées autour d'une place au centre de laquelle s'élevait le catholicon (église principale). Plus tard, on comprit la nécessité de faire communiquer ceux-ci par des galeries couvertes.
En Occident un autre principe a guidé dans la place donnée au cloître :
A partir de ces deux considérations le cloître fut placé auprès de l'église, au centre des lieux séculiers, autorisant ainsi aux femmes l'accès de l'église.
Les maisons religieuses avaient un cloître, mais les plus importantes pouvaient en avoir jusqu'à quatre. A partir de deux, le plus petit est nommé le cloître du colloque parce que les religieux pouvaient y converser : In claustris etiam certi s horis dabatur copia fratribus invicem confabulandi.
Si la forme carré prévalu très rapidement, au XVIIIe siècle l'architecte Destouche projeta l'édification dans l'actuel 5ème arrondissement de Paris, d'un cloître circulaire pour le monastère des Génovéfins, dont l'exécution fut stoppée par la suppression de cette congrégation en 1789.
Des peinture de scènes de l'Ancien et Nouveau-Testament ornaient les murs des galeries, des cénotaphes, d'inscriptions funéraires y étaient gravés.
Si les cloîtres peints en Italie ne se comptent plus, ils sont rares en France. Un exemple exceptionnel demeure à l'abbaye Notre-Dame de l'Assomption d'Abondance (74360), au coeur de l'Etat de Savoie, les peintures murales du cloître exécutées vers 1430 sont attribuées à l'atelier de Giacomo Jaquerio, un des peintres attitrés de la cour de Savoie, originaire du Val d'Aoste.
A voir dans la région, les abbayes du Thoronet dans le Var, de Silvacane sur les bords de la Durance, et de Sénanque, où les cisterciens adoptèrent dans la construction des cloître un caractère d'architecture propre à cet ordre, en renonçant aux sculptures et vains ornements.
Mais dans le Midi, l'un des plus beaux cloîtres est très certainement celui de Saint-Trophime d'Arles compte tenu de la richesse de sa statuaire.
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