La cour du chevet de l'abbaye de Saint-Hilaire
La cour du chevet
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Le chevet de l'église du XIIIe siècle

Le chevet du latin capu (tête) désigne habituellement l'ensemble des murs, fenêtres et toiture du chœur d'une église.
Cette photographie de 1962 permet d'appréhender son articulation autour d'une tour d'escalier du XVe siècle surmontée d'un clocher à arcade et du bâtiment conventuel du levant.
Les différences d'appareils du chevet (modules et mise en oeuvre) séparés par une corniche permettent de distinguer deux niveaux distincts :
Du sol de la cour à la corniche : le chevet plat éclairé par un triplet d'étroites lancettes à double ébrasement a été restauré en 1968. Ces lancettes évoquent les formes gothiques, mais conservent un souvenir roman : l'arc clavé à un rouleau n'est que légèrement brisé et les baies sont encadrées, à l'extérieur, de colonnettes dépourvues de chapiteau mais avec persistance du cordon d'imposte.
La quatrième arcade qui sert de décharge à la paroi allégée est aveugle.
A noter, sous la corniche, la présence de boulins étagés sur trois niveaux, et pour les plus attentifs, un dérèglement des assises du parement en moyen appareil à compter du 9ème niveau au dessus de la plinthe.
Au XIXe siècle, le chevet est percé d'une porte charretière permettant le remisage du matériel agricole.
De la corniche à la toiture monopente le mur pignon d'une toiture en bâtière à deux versant de tuiles canal a été rehaussé pour obtenir une toiture monopente évacuant les eaux pluviales vers la cour du préau.
Ces tuiles sont de forme différente selon qu'il s'agit de la tuile du dessous, plate avec deux bords latéraux relevés imbrex, ou de celle de dessus, de section semi-circulaire tegula.
A partir de la corniche, quarante-deux boulins se répartissent sur les huit premières assises d'un parement en petit appareil, dont les hauteurs réduites de moitié par rapport à celles en moyen appareil de l'angle, révèlent la présence d'un mur pignon primitif.
La présence de ces boulins a été identifiée à un pigeonnier qui diffère du colombier à pied dans la mesure où il est souvent aménagé dans le mur d'une maison ou d'une dépendance. Plusieurs rangées de trous positionnés au dessus d'un larmier ou radière afin d'interdire la monté des prédateurs, servent alors de nichoirs.
Au Moyen Age, la possession d'un colombier à pied était un privilège seigneurial. Il perpétue une tradition empruntée à la Perse et à la Haute-Egypte.
Les boulins intégrés à une construction (grange, étable, etc) étaient autorisés à tout propriétaire d'au moins 50 arpents (env. 2.5 hectares) de terre labourable, qu'il soit noble ou non, et dans la limite de 60 à 120 boulins. Bien que produisant un excellent engrais : la colombine, les pigeons représentaient une véritable catastrophe pour les agriculteurs qui demandèrent au fil du temps la suppression de ce privilège qui sera abolit dans la nuit du 4 août 1789.
Lors des travaux de restauration du chevet, la façade en maçonnerie de pierre élevée entre la colonnette d'angle et le front de la falaise, n'a pas été conservée car elle masquait la façade est de la chapelle romane du XIIe siècle.
La cour du chevet d'allure carrée, d'une surface d'environ 140 m², est délimitée à l'ouest par le chevet, au nord par la falaise de molasse creusée de cavités et au sud par la façade du bâtiment claustral du levant.
De cette cour, on constate que les deux volumes latéraux : chapelle saint Antoine et le bâtiment du XIe ou XIIe siècle (sacristie) sont non seulement adossées à la paroi de molasse, mais pour partie, taillés dans la roche qui tient lieu de soubassement. A noter que la toiture de la sacristie est constituée de dalles de pierre (lauzes).
La tour clocher de l'escalier nord
La tour nord, implantée en demi hors-d'oeuvre entre le chevet et le bâtiment conventuel du levant, abrite un escalier à cage cylindrique du XVe siècle d'un diamètre d'environ 1.66 m, il comporte soixante marches.
La partie supérieure de la tour s'écroula lors du séisme du 11 juin 1909. La réfection fut faite en blocage grossier contrastant avec l'appareillage soigné de cet ouvrage.
La toiture a été restaurée en février 1990 (création d'une toiture terrasse inacessible qui sera étanchée en 2007).
Lors des séismes du 14 novembre 1887 puis du 11 juin 1909 dit de Lambesc, dont la magnitude de 6.2 est la plus importante enregistrée en France métropolitaine, les villes de Lambesc, Salon-de-Provence, Vernègues, connurent des dégâts d'une ampleur matériel considérable.
A Saint-Hilaire, ce séisme est notamment à l'origine de la double cassure du noyau de cet escalier.
Cette tour est surmontée d'un modeste clocher à arcade dont les bords parallèles sont une simplification du clocher galbé.
Les cloches campanæ ayant été déposées et dispersées à la Révolution. Lors de l'occupation de Saint-Hilaire par les Frères Bernardins de Sénanque, une nouvelle cloche sera installée en janvier 1859, et il est fort probable que ce soit celle qui sera installée dans les années 1920 dans la chapelle saint Blaise de Ménerbes).
► Histoire des cloches d'ici et d'ailleurs : cliquer - ICI -
Cette cloche sera remplacée par "Anne Marie", donation d'un couvent de l'Ordre des Grands Carmes établi depuis 1368, sur la commune de Straubing en Bavière.
► Accès au site Internet des Carmes de Straubing : cliquer - ICI -
"Anne Marie" a été bénie le 15 août 1996 par le frère KLAUS du couvent carme Notre Dame de Lumières de Nantes, puis suspendue par ses anses à son mouton par la fonderie PACCARD - 74320 Sevrier.
► Accès au site Internet de l'entreprise PACCARD : cliquer - ICI -
La matière qui sert à fondre les cloches est un composé de trois quarts de cuivre rosette et d'un quart d'étain fin.
1 : proportions d'Anne Marie....
2 : proportions d'une cloche remarquable du XIXes.
On observe l'évasement de la patte (bord inférieur),de la panse ou pinse (partie la plus épaisse contre laquelle frappe le battant), et de la gorge. Elle est décorée de filets d'ornements, de petits bas-reliefs dont l'un représente la Sainte Vierge tenant l'enfant Jésus dans ses bras.
Dès le XIIIe siècle, la fonte d'une cloche était une affaire majeure. Les fondeurs n'ayant pas d'atelier, ils se transportaient sur place, et creusaient une fosse près de l'église afin de bâtir un fourneau. C'était, pour la congrégation, les habitants de la paroisse et le donnateur, l'objet d'une réelle préoccupation: l'alliage des métaux et les formes données seraient-ils aptent à donner une cloche remarquable par la beauté de sa sonorité ?
A l'occasion du 210ème anniversaire de la première cloche PACCARD, réalisée en 1796 pour l'église de Quintal (Haute-Savoie), par Antoine PACCARD, le Musée et la Fonderie PACCARD se sont unis à la mairie de Quintal pour offrir aux Quintali un événement inoubliable : une coulée sur site !
La cour du chevet
Si le préau est le lieu de passage entre les corps de bâtiments conventuels et l'église,la cour du chevet est le lieu de passage vers l'extérieur.
C'est ainsi que la cuisine a accès aux différentes excavations faites de main d'homme, aux jardins qui devaient occupés les terrasses, à la source d'eau potable et son vivier.
De cette cour, une allée à colonnades édifiée au XVIIIe siècle afin de porter un Jardin de vigne, donnait accès aux terrasses situées à l'extérieur du mur d'enceinte.
Le plus célèbre des chevets ?
Pendant son bref séjour à Auvers-sur-Oise, soixante-dix jours,Vincent van GOGH peint plus de soixante-quatorze toiles. Ce tableau du chevet de l'église Notre-Dame (XIIe et XIIIe siècles), a été peint entre les 4 et 8 juin 1980. Le 27 juillet il attente à sa vie et meurt deux jours plus tard.
Les cavités troglodytes
Ces excavations accessibles depuis la cour du chevet ont été taillées par la main de l'homme dans la molasse.
La plus importante à une profondeur d'environ 9.85 m pour une largeur de 4.90 m, la génératrice du toit est un arc angulaire tronqué dont la hauteur est d'environ 4.99 m.
Elle est éclairée dans son axe longitudinal par un oculus faisant office d'arc de décharge de l'embrasure de l'entrée tracée en anse de panier (trait visible de l'intérieur), mais exécuté en arc surbaissé du fait de l'apparition d'une fissure en cours d'exécution.
Il est prévu d'en daller le sol d'ici la fin de l'année 2010 afin d'assurer sa mise en valeur.
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