Librairie Fontaine Luberon : A marche forcée de Slavomir Rawicz

img22

 

  Librairie Fontaine Luberon

    Pour afficher la page plein écran cliquer - ICI -

 

Le marché à APT

Choix d'Alain Vauprès Librairie Fontaine Luberon

Libraire-conseil

 

A marche forcée - Slavomir Rawicz

 

Slavomir Rawicz

A marche forcée

Editeur : PHEBUS

Date de parution : janvier 2007

Code ISBN : 2-85940-830-4

Prix : 19.50 €

 

La présente réédition (dans une traduction nouvelle) de ce classique absolu de l'aventure vécue est due à l'initiative de Nicolas Bouvier - qui n'aura pas eu le temps de l'accompagner jusqu'à son terme. "Ce n'est pas de la littérature, tenait-il à préciser, c'est peut-être mieux que ça... Certains livres sont assez forts pour se passer des secours du style."

 

Hiver 1941. Une petite troupe de bagnards s'évade du camp russe 333 situé tout près du Cercle polaire. Ils ne connaissent pas grand-chose à la géographie. Ils songent "simplement" à gagner à pied l'Inde anglaise : le soleil, pensent-ils, leur indiquera au moins la direction du sud. Aucun d'eux n'est capable, sur les milliers de kilomètres qu'il leur faudra parcourir - ils y mettront deux ans -, de situer le désert de Gobi... que plusieurs réussiront pourtant à franchir sans provision d'eau.

 

L'innocence, parfois, est la meilleure alliée du courage...

Route de l'évasion   Principaux groupes de camps russes

 

   

   Extrait

 

Pages 74 et 75

 

Ce doit être dans la dernière semaine de janvier 1941, alors que nous marchions depuis quarante jours, que le troisième blizzard, le plus violent, s'abattit sur nous et finit par enliser les camions. Le convoi avait couvert plus de douze cents kilomètres depuis Irkoutsk. Nous avions traversé deux grands cours d'eau, d'abord le Vitim, puis, à peine quelques jours plus tôt, la puissante Lena, tous deux pris par les glaces et pareils à de larges routes parfaitement lisses serpentant à travers l'immensité de la Sibérie. Après cela, il semblait impensable que les camions interrompissent jamais leur lente progression vers le nord. Le visage cinglé par une neige sèche et dure, soldats et prisonniers travaillaient de concert à déblayer les congères. Arriva toutefois le moment où nos efforts furent inutiles. La longue file de véhicules et de piétons se ramassa sur elle-même et s'immobilisa sans ordre.

 

Tout au long du voyage, c'est par roulement qu'avait été assurée la tâche éprouvante d'ouvrir la marche. Quand la relève était décidée, le chauffeur du camion de tête se rangeait sur le côté avec les hommes enchaînés à sa suite et se laissait dépasser par les autres véhicules pour repartir en dernière position. La durée du service en tête de convoi était fonction de la route et du temps qu'il faisait. Pour lors, nous suivions un axe important bordé de poteaux télégraphiques dont les fils pendaient sous le poids de la neige. Toutefois, l'avantage de circuler sur une route digne de ce nom était plus que contrebalancé par la situation de ladite route sur un plateau exposé aux intempéries. Outre les difficultés liées aux amoncellements de neige, les chauffeurs devaient éprouver toutes les peines du monde à distinguer quoi que ce fût à travers l'épais brouillard de flocons tourbillonnants.

 

Mon groupe se trouvait alors en quatrième ou cinquième position dans la file, et ce fut là, presque à ma hauteur, qu'après être allés à l'avant prendre la mesure de la situation, le commandant et ses officiers se réunirent pour conférer. Je ne sais si pareille éventualité avait jamais été envisagée, mais toujours est-il qu'ils se montraient à l'évidence fort inquiets. Ils discutèrent, tournant le dos au vent, durant quelques minutes, ensuite de quoi un radio grimpa à l'un des poteaux téléphoniques pour y raccorder un poste de campagne. Il redescendit faire son rapport. Les officiers hochèrent la tête avec raideur, puis se séparèrent pour remplir leurs fonctions respectives. Nous attendîmes tandis qu'un petit détachement de soldats partait sur la route en quête d'un lieu abrité.

 

Une demi-heure environ après l'arrêt, les chaînes furent décrochées des camions; on nous fit avancer pour battre la neige fraîche et y ouvrir une piste. Les camions progressaient lentement derrière nous. Après un kilomètre et demi d'efforts nous atteignîmes avec soulagement un havre constitué par un rideau d'arbres. Nous parvînmes, non sans difficulté, à allumer des feux, plusieurs centaines, et à les entretenir toute la nuit afin de ne pas crever sur place. Nous avions le sentiment que cette tempête entendait nous effacer de la surface de la terre. Certains prisonniers se frayaient obstinément un chemin pour s'approcher au plus près des flammes et, méprisant les mises en garde faites dès les premiers temps de notre marche, y présentaient leurs doigts engourdis pour ensuite hurler de douleur quand le sang se remettait à circuler. Nous ne cessions de nous retourner à l'intérieur du cercle de chaleur car le blizzard nous glaçait le dos tandis que nous nous réchauffions les mains, le visage et la poitrine. On ne laissait personne dormir. Ceux qui commençaient à somnoler étaient brutalement secoués par leurs camarades : chacun savait que s'il s'endormait ce pouvait être pour toujours.

Camp russe en Sibérie

 

   

   Commentaires

 

Le livre de Slavomir Rawicz "A marche forcée" m'a complètement bouleversé. Même si le style n'est pas celui d'un best-seller connu. Lisez-le et il vous transformera. Le courage, la détermination, l'instinct de survie, la grandeur d'âme sont, à mon sens les grandes qualités de ce livre et de ses personnages. J'ai de la peine à croire que ce récit ait pu être suspecté de mystification.

 

Ce livre m'a aidé à grandir. C'est une expérience qui subjugue que de le lire.

 

Pourquoi le monde n'a t-il pas pris au sérieux Rawicz quand il a raconté son "aventure" ? Les goulags seraient tombés plus tôt.

 

J'ai lu ce livre et je sens qu'il va m'habiter pendant des années.

 

Merci, pour ce moment passé ensemble dans cette expérience hors des sentiers (si je peux me permettre). Quelle expérience, quelle histoire, quel esprit! Quel dépassement de sa personne !

 

Rawicz est décédé en avril 2004. Vous trouverez un article sur sa vie en cliquant - ici -

 

- - - oOo - - -

 

Librairie Fontaine Luberon : 16, rue des Marchands - 84400 APT

Tél : 04 90 71 14 03 - Fax : 04 90 74 63 59

Courriel : luberon@librairiesfontaine.com

Ouvert du mardi au samedi de 9h à 12h30 - 14h30 à 19h

 

- - - oOo - - -

 

Nous nous sommes permis de prendre certains visuels et textes que nous avons trouvé sur d'autres site web. Si vous reconnaissez un de vos visuels ou un de vos textes, et que vous ne souhaitez pas les voir apparaître ici, merci de nous en faire part, nous les retirerons sans problème. Si par contre vous voulez voir apparaître vos documents, n'hésitez pas à nous les envoyer.

 

- - - oOo - - -