La salle capitulaire ou salle du chapitre de l'abbaye de Saint-Hilaire
La salle capitulaire ou salle du chapitre
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La salle capitulaire ou salle du chapitre, était la salle de réunion du couvent. Capitulaire vient de capitulum ou capitula, qui signifie tête et par extension désigne le début d'un texte. Le Supérieur y réunit l'ensemble des moines profès solennels; les moines convers n'avaient pas le droit d'y rentrer.

Ce qui caractérise cette salle d'allure rectangulaire d'environ 9.50 m de longueur pour une largeur de 4.70 m, qui ne comporte aucun pilier intérieur, c'est la finesse de son acoustique; la parole s'y fait entendre sans effort, grâce, notamment, aux deux voûtes de type provençal (voûte brisée à quatre arcs).

Les trois fenêtres à traverse : une ouverte dans le mur nord et les deux autres dans le mur sud, sont équipées de vitraux contemporains.
L'état de la salle capitulaire en 1980 dans l'intégrité de sa surface, après réunification des deux pièces résultant d'une division successorale :


Chaque jour, c'est dans la salle capitulaire que se tient l'office de prime (infos) qui s'accompagne de pratiques spécifiques: lecture d'un chapitre de la Règle (infos), d'un sermon ou d'une homélie, commémoration des saints du jour et des défunts.
On y réglait quotidiennement les questions de discipline, en particulier la violation des vœux religieux. Les fautes contre la chasteté sont punis de six mois à un an d'emprisonnement (ce qui explique la présence d'une prison ex. abbaye de Fontenay), et l'exclusion de la salle du chapitre pour une période de trois à cinq ans. Si des circonstances particulières l'exigeaient, la peine était augmentée, notamment si la faute faisait l'objet d'un grave scandale à l'extérieur du couvent. Dans ce cas, le coupable était envoyé aux galères où pour les travaux forcés pendant un certain nombre d'années, voir pour le reste de sa vie.
Si de graves soupçons existaient, mais qu'il s'avérait qu'il était impossible de les prouver ou de les réfuter, l'accusé était autorisé au bénéfice de la "purgation canonique" :
1°) à nier l'accusation sous serment ;
2°) à présenter six autres religieux réputés pour leur haute qualité morale, qui devaient attester sous serment, qu'ils considéraient comme non fondée l'accusation. En cas d'impossibilité de trouver ces témoins, l'accusé était puni comme s'il avait été reconnu coupable. A Saint-Hilaire l'application de cette règle exigeait le consensus de l'ensemble de la communauté... voir le recours à des frères extérieurs...
Mais l'ordinaire des sanctions consistait à juger des manquements à l'obéissance, au respect de la hiérarchie, à l'exercice indu de propriété, au vol, à l'apostasie (vise toute absence du couvent sans autorisation, même s'il n'y avait pas l'intention de quitter l'Ordre de façon permanente). Ainsi, si un frère recevait l'autorisation de se rendre d'un endroit à un autre, tout changement d'itinéraire non justifié était puni comme un apostat.
Compte tenu de l'état du système pénal du Moyen-Age, de très nombreuses fautes furent attribuées à une perversion délibérée de l'Ordre, alors qu'elles n'étaient que l'expression individuelle d'une faiblesse de caractère ou d'un dérangement mental.
Les plus graves fautes étaient jugés et punis par les Provinces ou à l'occasion des chapitres généraux, à qui était réservé l'absolution des coupables et leur réintégration. Avec une moyenne de vingt mille frères ou plus au cours du XVe siècle, la "Chronique scandaleuse" est singulièrement peu importante, ce qui témoigne en faveur de l'Ordre, d'autant plus qu'une grande partie des sanctions visaient des universitaires exposés à de nombreuses tentations.
C'est également là que se discutaient les questions matérielles, se décidait l'admission des novices, avaient lieu l'élection des Supérieurs et la réception des hôtes de marque. Egalement, y étaient fait le prêche des sermons, les annonces et proclamations communiquées par l'évêque ou le pape.
La tenue du chapitre se termine par l'énoncé des "coulpes", confessions publiques des manquements légers et visibles à la règle.
Les salles capitulaires ont été construites sur des plans des plus variés : il y en avait de carrées, de rondes, de polygonales. Elles étaient ordinairement décorées avec un certain luxe de sculptures, de peintures et de vitraux. En France, la plupart des anciennes salles capitulaires ont été démolies ou ont changé de destination.
Parmi les plus remarquables salles capitulaires en France on peut citer celles de Noyon et du Puy.
En Angleterre, il subsiste quelques salles capitulaires remarquables : cathédrale de Bristol, cathédrale de Lincoln (plan décagonal), cathédrale de Salisbury (plan octogonal).
A partir du XIIIe siècle, on y inhumait ordinairement les Abbés.
Le livre du chapitre
L'organisation analogue des martyrologes, nécrologes ou obituaires sous forme de calendrier, ainsi que leur usage conjoint à prime, les prédisposaient à une fusion dans un même livre.
Il n'est donc pas rare de rencontrer des martyrologes-nécrologes ou martyrologes-obituaires où, pour chaque jour, l'anniversaire des saints est suivi de celui des défunts. Quand le manuscrit contient aussi les textes normatifs ou spirituels (sermons et homélies) on peut le désigner sous le nom de "livre du chapitre".
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